On "ramasse une banane" et on se retrouve avec "le nez dans le pâté", la "tronche en vrac" avec une bonne "gueule de bois". On croit qu'un petit jogging ou une balade à vélo de "décrassage" seront efficaces pour "virer le charpentier de chez soi", alors que la seule mesure bénéfique consiste tout simplement à sortir prendre l'air!
En raison de son statut d'homme sain et de l'entraînement de ses muscles à éliminer les nuisances du corps, un sujet hyperactif tel que le sportif de compétition serait moins exposé que le gros peloton des sédentaires aux difficultés des lendemains de fêtes, notamment celles organisées après une victoire ou un podium. La pratique de l'exercice physique fait partie des innombrables moyens utilisés pour essayer d'atténuer les désagréments de la "gueule de bois". Mais, comme les autres, il a fait preuve de son inefficacité dans ce domaine...
L'alcool diminue la résistance à l'effort
Au contraire, l'alcool diminue les possibilités d'adaptation de l'organisme à l'effort. En effet, lors d'une activité musculaire intense réalisée à la suite d'une ingestion excessive d'alcool, le rythme cardiaque et la tension artérielle atteignent des niveaux inhabituels, l'irrigation sanguine de la peau se fait au détriment de celle des muscles; ces derniers voient ainsi leur force et leur résistance s'altérer rapidement. De plus, la cure de mouvements provoque des impulsions mécaniques, surtout au niveau de la tête et de l'abdomen, qui n'arrangent pas la situation!
Comme on le voit, le sport ne constitue pas le remède idéal pour dissiper les conséquences d'une soirée un peu trop arrosée, d'autant que même la transpiration, facteur souvent invoqué comme très efficace, n'élimine pas plus vite l'alcool.
Par exemple, lorsqu'un homme pesant 70 kg fait la fête en buvant un litre de vin à 12°, il absorbe du même coup 96 g d'alcool (120 x 0,8). Une faible partie (5 %) est rejetée par la respiration (cf. les alcootest), les urines et la peau.
En transpirant abondamment, le sportif n'en éliminera par ces trois voies que 4,8 g. Tout le reste, soit 91 g, est évacué au rythme lent habituel, à raison de 1 g par heure et par 10 kg de poids (70 kg = 7 g). Donc, malgré une bonne suée, il faut treize heures pour que l'alcool contenu dans le litre de vin à 12° soit complètement éliminé du corps de ce sujet pris pour exemple (91 g : 7g/h = 13 h).
En conséquence, on peut donc affirmer que, contrairement aux discours souvent entendus, la transpiration n'accélère pas l'élimination du grand coup de trop!
Suer dans un sauna n'arrange rien
Les douches froides, les bains turcs, les saunas favorisant la fuite de liquides sont également inopérants. Le temps semble être le seul remède efficace contre l'ivresse causée par l'alcool.
Contrairement à une idée très répandue dans le milieu sportif, le sauna n'entraîne pas une élimination importante de l'alcool ou même des toxines musculaires telles que l'acide lactique.
Si la sueur de l'exercice physique ou du sauna ne sert pas à favoriser la fuite des toxines et des déchets métaboliques, elle permet plus simplement de lutter contre l'élévation de la température corporelle en s'évaporant. C'est ce que l'on appelle techniquement le mécanisme de thermorégulation.
De même, l'acide lactique évacué par la transpiration ne provient pas du métabolisme, mais des glandes sudoripares elles-mêmes. Il convient donc d'utiliser le sauna sans excès et en gardant à l'esprit son but: faire transpirer pour éliminer et boire ensuite pour renouveler.
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Source : http://www.rue89.com/blog/stethosport/non-un-jogging-ne-fait-pas-passer-la-gueule-de-bois
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