Le retour du réel dans la littérature française (lire les récents articles de ce blog) est une chose. Mais il y a une meilleure nouvelle encore: en cette rentrée, le roman mixe les formes et se conjugue au futur.
Ainsi, le roman politique ose parler du présent, certes, mais tout en situant l’action dans le futur. Le mouvement était devenu clair en janvier, lorsque, coup sur coup, on avait lu Céline Minard et Anna Borrel (Denoël), Elise Fontenaille (Stock), Benjamin Berton et Antoine Bello (Gallimard).
Et se précise encore en cette rentrée. Entre autres avec Mathieu Terence, pour "Technosmose" (Gallimard), et Julien Capron, pour "Amende honorable". Il ne s’agit pas de romans d’anticipation pure, encore moins de science-fiction, simplement de romans politiques, qui s’inquiètent de la transformation du politique, de la disparition de l’environnement, du futur de la criminalité. De la possibilité de l’innocence.
Ça n’a rien d’un mouvement, c’est juste un grand élan. Des romans qui, cassant les barrières entre les genres, rassemblent nos peurs politiques. Et nos plaisirs de lecture: cet élan participe en plein du retour des histoires et des épopées dans la littérature française. Ce sont en général de jeunes auteurs. Ce sont souvent des premiers romans (Alain D. Jestaire, dont nous reparlerons, lu comme ici Julien Capron). (Voir la vidéo.) .....
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