Par Youri REGNIER, mardi 30 janvier 2007
Les annonceurs locaux sont aujourd’hui une des cibles les plus prisées de Google. Ce marché, estimé à 22 milliards de dollars aux Etats-Unis a de quoi faire fantasmer Google. Car plus qu’un lien sponsorisé sur Internet, c’est l’ensemble de la publicité que souhaite contrôler la firme...Le succès de Google tient à la publicité ciblée. Le ciblage s’effectue par rapport au domaine d’activité mais aussi par rapport à la zone géographique. Les dirigeants ont très vite compris l’importance de “localiser” la publicité.
C’est pourquoi Google a lancé dès 2004 Google Local (en France depuis novembre 2006). Sur cette plate-forme, l’annonceur renseigne son activité, ses coordonnées et une petite brochure marketing s’il le souhaite. L’internaute peut alors naviguer au travers d’une ville pour rechercher le type de commerce qu’il souhaite.
Google s'appuie sur le constat que 25% des recherches sur internet sont des recherches locales.
Une intégration globale
Objectif de cette opération? Qu’a aucun moment vous ne quittiez Google!. Vous l’avez sans doute remarqué, pas une journée sans qu’une nouvelle information ne tombe à propos des différents services Google. La soif de puissance de la firme semble être exponentielle!
Allez pour le fun, faisons un petit tout d’horizon non exhaustif des services mis en place par Google pour tenter de ne jamais vous faire quitter ses services lors de votre navigation :
- Recherche d’un commerce sur Google Local (ou plus simplement encore sur Google)
- Possibilité de l’appeler via Google Talk et la technique du pay per call
- Possibilité de réserver ou de payer via Google Checkout
- Réception de la facture ou de la réservation sur la messagerie Gmail
- Possibilité d’être guidé jusqu’au commerce via Google Maps et intégration au Blackberry
- Publicité visuelle de l’annonceur via Google Video ou YouTube ou bientôt grâce à l’affichage urbain (voir plus loin dans l’article)
Un petit aperçu est disponible sur le site saturn : effet visuel grâce à Google Earth qui vous conduit tout droit aux portes de l’annonceur, où le directeur fait son speech de vente via Google Video.
Google à l’assaut des pages jaunes
Jusqu’à présent la publicité locale était la chasse gardée des annuaires téléphoniques. Mais le marché était trop juteux pour que Google et Microsoft restent inactifs. Aujourd’hui, même lors d’une recherche portant sur un nom ou une adresse, Google est plus utilisé que les Pages Jaunes.
Dès 2004, Google signait un accord avec Bellsouth (détenant un annuaire téléphonique américain) prévoyant que 2000 commerciaux de Bellsouth vendraient les services Google.
Google a progressivement convaincu les petits commerçants d’utiliser ses services : indexation au moteur de recherche + simplicité des campagnes. Devant la force de frappe de Google, peu ont la capacité de résister...
Et l’affichage alors?
Ne vous inquiétez pas, Google sera partout! La firme de Moutain View vient de valider un brevet lui permettant de faire de la publicité locale sur les panneaux d’affichage (voir brevet). Et oui, Google arrive en ville!Explications : Google compte relié le système d’information du commerçant à un ou plusieurs panneaux d’affichage pour faire de la publicité très ciblée. Exemple : promotion sur le dernier Nokia, reste 10 modèles. La technologie mise au point par Google permet d’afficher le stock en temps réel sur l’espace publicitaire et de changer d’annonces une fois le stock épuisé.
Cela peut paraître anodin, mais croyez moi, il s’agit probablement d’un enjeu stratégique majeur. Regardez la multitude des espaces publicitaires et imaginez que demain ils projettent l’annonce du commerçant du coin relié aux services Google...
JCDecaux a du souci à se faire...
Vous avez dit monopole?
Oh non, là vous êtes mauvaises langues! Ce n’est pas parce-que Google est en passe de contrôler la pub de la radio, de la presse, de la télé et de l’affichage urbain qu’ils sont en situation de monopole!
Il reste par exemple... euh...enfin vous voyez quoi!.
La question est : combien de temps Google pourra jouir de sa côte d’amour?
Entre l’indexation à ses statuts de la mention “don’t be evil” et la volonté affichée de contrôler l’information (la publicité?) mondiale, il y a un monde!













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